Des météo-tsunamis en Méditerranée (Fds#28)

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Des météo-tsunamis en Méditerranée (Fds#28)

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Pour cette semaine du 7 juin : des nombres préhistoriques, des météo-tsunamis, des ondes radio ultra énergétiques, des supers lymphocytes et des organismes marins multicellulaires revenant à la vie. Bonne écoute, et bon week-end !

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Bonjour à tous ! Bienvenue dans Fil de Science, le podcast Futura où nous retraçons l’actualité de la semaine.

1, 2, 3… Ossements ! Il y a 60,000 ans, il n’y avait pas de calculatrice performante comme aujourd’hui. Mais des fragments de fémur de hyènes fossilisés suggèrent que l’Homme de Néandertal possédait peut-être déjà le concept de nombre.Ces fossiles sont entaillés et laissent apparaître des encoches qui désignerait un système numérique précoce. Pourtant, cette hypothèse divise la communauté des archéologues et des paléontologues, et le débat fait rage. 

Une hypothèse séduisante émise par Francesco d’Errico, archéologue à l’université de Bordeaux, est la suivante : ces encoches auraient d’abord été taillées accidentellement par les hommes préhistoriques retirant la viande de leur proie. Par la suite, ils auraient compris qu’ils pouvaient se servir des os comme table de notation numérique. Reste à savoir quels facteurs culturels et sociaux ont poussé à l’émergence de ces gravures numériques. Pour répondre à cette question de l’origine des nombres, diverses disciplines comme l’anthropologie et les sciences cognitives sont actuellement mobilisées. L’invention de la première calculatrice mécanique, la pascaline, date quant à elle du XVII ème siècle.

Dans la longue liste des conséquences des changements climatiques à venir, nous allons potentiellement faire face à l’accroissement de l'occurrence d'un phénomène qui est pour l’instant rare et, la plupart du temps, sans gravité : les "météo tsunamis". Ces vagues sont semblables aux tsunamis sismiques mais sont causées par un différentiel de pression dans l’atmosphère. Elles restent relativement rares mais des études de modélisations suggèrent qu' avec les changements climatiques en cours, elles seront plus fréquentes et probablement plus dangereuses dans les années à venir.  Une augmentation de leur fréquence s’observe d’ailleurs déjà depuis une décennie. S’il est trop tard pour agir contre les changements climatiques qui provoquent plus de “météo tsunamis”, espérons que les scientifiques parviendront à construire des modèles robustes afin d’anticiper leur survenue et protéger la population. 

Connaissez-vous la radioastronomie ? Cette discipline s’attèle à mesurer des signaux d’ondes radios  dans l’espace. En 2007, elle a mis en évidence un phénomène intriguant toujours inexpliqué : les sursauts radio rapides. Ce sont des flash qui libèrent en quelques millièmes de secondes autant d’énergie que le soleil en une année entière. Si notre compréhension de ce phénomène est toujours très parcellaire, un récent radio-télescope nommé Chime a permis d’augmenter leur détection : 4 fois plus de sursauts radios rapides ont été observés à ce jour grâce à ce nouveau radiotélescope ce qui porte le nombre de détections à 533. Avec Chime, les estimations théoriques suggèrent qu’en couvrant toute la voûte céleste, on pourrait en détecter jusqu'à 9000.

L’immunothérapie n’a pas fini de nous faire espérer dans la lutte contre le cancer. Une nouvelle découverte sur le fonctionnement de nos cellules immunitaires en atteste. Après une infection à un pathogène, des chercheurs ont démontré le rôle prépondérant d’une enzyme spécifique - la lactate déshydrogénase - dans l’action de certaines cellules immunitaires - les lymphocytes Natural Killer ou NK. La présence de cette enzyme permettrait une fonction anti-virale et tumorale plus performante des cellules NK. Si les résultats sont prometteurs, ils ont été réalisés in vivo chez des souris et il faudra encore du temps pour développer une technique thérapeutique chez l’humain et s’assurer de son efficacité dans un contexte clinique. 

Et pour finir, plongeons au cœur d’observations du vivant dignes de la science-fiction. Une découverte vient de mettre en évidence la capacité des bdelloïdes, une espèce faisant partie de la famille des rotifères - de minuscules animaux marins multicellulaires - à survivre pendant plus de 24.000 ans. Où ça ? Dans le permafrost sibérien. Comment ?  En se mettant en état de cryptobiose, c’est-à-dire un état de déshydratation sévère d’un organisme avec des fonctions métaboliques quasiment à l’arrêt, mais qui reprennent leur cours normalement lorsque l’humidité revient. Les animaux, prélevés à 3,5 mètres sous la surface, ont pu se reproduire, de façon asexuée, et se nourrir comme si de rien n'était. Les mécanismes biologiques qui permettent aux bdelloïdes de survivre si longtemps gelés restent mal compris. Mais c’est la preuve qu’un organisme multicellulaire peut revenir à la vie après avoir été congelé pendant des milliers d’années. Les écrivains de science-fiction fans de cryogénisation ont de beaux jours devant eux. Les images spectaculaires des bdelloïdes revenant à la vie sont à retrouver sur Futura, bien entendu. 

Pour ne rien manquer de l’actualité scientifique, rendez-vous sur les plateformes de diffusion pour vous abonner à Fil de Science et à nos autres podcast. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas nous laisser un commentaire avec le hashtag #Futura Pod, et cinq étoiles sur vos applications audio préférées. On se retrouve vendredi prochain, à 18h30, avec toujours plus de nouveautés scientifiques. Bon week-end à tous

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Une hypothèse séduisante émise par Francesco d’Errico, archéologue à l’université de Bordeaux, est la suivante : ces encoches auraient d’abord été taillées accidentellement par les hommes préhistoriques retirant la viande de leur proie. Par la suite, ils auraient compris qu’ils pouvaient se servir des os comme table de notation numérique. Reste à savoir quels facteurs culturels et sociaux ont poussé à l’émergence de ces gravures numériques. Pour répondre à cette question de l’origine des nombres, diverses disciplines comme l’anthropologie et les sciences cognitives sont actuellement mobilisées. L’invention de la première calculatrice mécanique, la pascaline, date quant à elle du XVII ème siècle.

Dans la longue liste des conséquences des changements climatiques à venir, nous allons potentiellement faire face à l’accroissement de l'occurrence d'un phénomène qui est pour l’instant rare et, la plupart du temps, sans gravité : les "météo tsunamis". Ces vagues sont semblables aux tsunamis sismiques mais sont causées par un différentiel de pression dans l’atmosphère. Elles restent relativement rares mais des études de modélisations suggèrent qu' avec les changements climatiques en cours, elles seront plus fréquentes et probablement plus dangereuses dans les années à venir.  Une augmentation de leur fréquence s’observe d’ailleurs déjà depuis une décennie. S’il est trop tard pour agir contre les changements climatiques qui provoquent plus de “météo tsunamis”, espérons que les scientifiques parviendront à construire des modèles robustes afin d’anticiper leur survenue et protéger la population. 

Connaissez-vous la radioastronomie ? Cette discipline s’attèle à mesurer des signaux d’ondes radios  dans l’espace. En 2007, elle a mis en évidence un phénomène intriguant toujours inexpliqué : les sursauts radio rapides. Ce sont des flash qui libèrent en quelques millièmes de secondes autant d’énergie que le soleil en une année entière. Si notre compréhension de ce phénomène est toujours très parcellaire, un récent radio-télescope nommé Chime a permis d’augmenter leur détection : 4 fois plus de sursauts radios rapides ont été observés à ce jour grâce à ce nouveau radiotélescope ce qui porte le nombre de détections à 533. Avec Chime, les estimations théoriques suggèrent qu’en couvrant toute la voûte céleste, on pourrait en détecter jusqu'à 9000.

L’immunothérapie n’a pas fini de nous faire espérer dans la lutte contre le cancer. Une nouvelle découverte sur le fonctionnement de nos cellules immunitaires en atteste. Après une infection à un pathogène, des chercheurs ont démontré le rôle prépondérant d’une enzyme spécifique - la lactate déshydrogénase - dans l’action de certaines cellules immunitaires - les lymphocytes Natural Killer ou NK. La présence de cette enzyme permettrait une fonction anti-virale et tumorale plus performante des cellules NK. Si les résultats sont prometteurs, ils ont été réalisés in vivo chez des souris et il faudra encore du temps pour développer une technique thérapeutique chez l’humain et s’assurer de son efficacité dans un contexte clinique. 

Et pour finir, plongeons au cœur d’observations du vivant dignes de la science-fiction. Une découverte vient de mettre en évidence la capacité des bdelloïdes, une espèce faisant partie de la famille des rotifères - de minuscules animaux marins multicellulaires - à survivre pendant plus de 24.000 ans. Où ça ? Dans le permafrost sibérien. Comment ?  En se mettant en état de cryptobiose, c’est-à-dire un état de déshydratation sévère d’un organisme avec des fonctions métaboliques quasiment à l’arrêt, mais qui reprennent leur cours normalement lorsque l’humidité revient. Les animaux, prélevés à 3,5 mètres sous la surface, ont pu se reproduire, de façon asexuée, et se nourrir comme si de rien n'était. Les mécanismes biologiques qui permettent aux bdelloïdes de survivre si longtemps gelés restent mal compris. Mais c’est la preuve qu’un organisme multicellulaire peut revenir à la vie après avoir été congelé pendant des milliers d’années. Les écrivains de science-fiction fans de cryogénisation ont de beaux jours devant eux. Les images spectaculaires des bdelloïdes revenant à la vie sont à retrouver sur Futura, bien entendu. 

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