Première mondiale : un patient aveugle recouvre la vue (FdS#26)

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Première mondiale : un patient aveugle recouvre la vue (FdS#26)

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Pour cette semaine du 24 mai : un patient aveugle qui recouvre partiellement la vue, un risque d'éruption dangereuse au Congo, le microbiote ancestral de Néandertal, la genèse des plantes sur Terre et la découverte d'une nouvelle galaxie. Bonne écoute, et bon week-end !

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Et la lumière fut ! Une équipe de recherche internationale aurait pu prononcer ces paroles après avoir rendu partiellement la vue à une personne atteinte de rétinopathie pigmentaire, une maladie génétique qui entrave le bon fonctionnement des cellules de la rétine et leur photosensibilité. Pour ce faire, ils ont modifié génétiquement ces cellules chez le patient en question afin qu’elles produisent à nouveau des opsines, des protéines photosensibles.En insérant le gène codant pour cette famille de protéines et à l’aide de lunettes technologiques spécifiques, le patient qui ne parvenait plus à percevoir la lumière, parvient désormais, sept mois après l’injection, à localiser, compter et toucher des objets ! Pour mettre cela en évidence, les scientifiques ont fait passer plusieurs tests au patient qui consistaient à évaluer sa perception, l’usage de ses sens avec différents types d’objets. Dans 92 % des cas, le patient a réussi les tests avec succès pour des objets de grandes tailles comme un cahier. Les résultats étaient plus décevants avec 36 % de réussite pour des petits objets, comme une petite boîte d'agrafes. 

Ce cas clinique est très encourageant et la société à l’origine de la prouesse thérapeutique devrait bientôt financer un essai de phase 3 pour évaluer plus finement la balance bénéfice / risque de cette intervention chez d’autres malades. 

En République Démocratique du Congo, les autorités, sous l'œil avisé des volcanologues, s’inquiètent d’une éruption prochaine dustratovolcan Nyiragongo. Des signes précurseurs comme la forte activité sismique, les fissures dans la ville de Goma et les mesures de déformation du sol dans la région laissent penser qu’une éruption est pour bientôt. Pour autant, impossible de connaître l’instant de la catastrophe avec une précision parfaite. Principe de précaution oblige compte tenu des risques pour la population, la ville de Goma, qui compte 600.000 habitants, est en cours d’évacuation.Plusieurs scénarios sont envisagés par les scientifiques : dans deux d’entre eux, une éruption de lave détruirait une partie de la ville. Mais dans le troisième, une éruption phréato-magmatique se produirait dans le même temps qu’un séisme ce qui engendrerait, par un phénomène de brusque décompression, une éruption limnique c’est-à-dire, un relâchement d’une énorme quantité de dioxyde de carbone et de méthane, asphyxiant tous les organismes vivants aux alentours. 

L’homme de Néandertal possédait-t-il les mêmes micro-organismes que vous au sein de sa bouche ? C’est ce que suggère une récente étude internationale qui a mobilisé plus de 49 scientifiques. À l’aide d'analyses métagénomiques de biofilm dentaires, les chercheurs ont pu reconstruire avec précision le microbiote oral supposé de Néandertal. Ils l’ont ensuite comparé au microbiote moderne d’autres espèces comme des gorilles, des signes et bien évidemment Homo Sapiens. Un noyau dur de micro-organismes est présent chez toutes ses espèces, ce qui suggère - bien que cela ne soit encore qu’une hypothèse - l’existence d’un microbiote basal. Plus intéressant encore, certaines populations bactériennes sont partagées uniquement entre Néandertal et Homo sapiens, ce qui laisse penser qu’elles nous rendent de grands services physiologiques et métaboliques depuis longtemps. Si des analyses archéologiques se multiplient, cela pourrait nous aider à comprendre comment les populations de micro-organismes qui nous habitent ont évolué avec nous et nous faire avancer dans la compréhension des liens qui unissent microbiote et maladie. 

Et si je vous disais que sans les champignons, tous les végétaux terrestres que vous connaissez seraient absents ? Une hypothèse ancienne avait été formulée à ce sujet et vient d’être confirmée par des expériences conduites par une équipe de chercheurs internationale. Nous savons que les plantes actuelles sont divisées en deux catégories : les plantes dites vasculaires qui possèdent tiges et racines et les plantes non vasculaires qui n’en possèdent pas, que l'on nomme bryophytes. En étudiant un représentant actuel des bryophytes, les scientifiques se sont rendus compte que, comme chez les plantes vasculaires, un certain gène permettait la symbiose, via le transfert de lipides, entre les champignons et les bryophytes. Lorsque ce gène était inactivé grâce à des techniques de biologie moléculaire, la symbiose échouait, ce qui prouve qu’il est bien indispensable au transfert de lipides susmentionné.On sait donc une chose sur l’ancêtre commun des différentes plantes qui colonisent actuellement la Terre : il échangeait des lipides avec des champignons il y a 450 millions d’années ! 

Des astrophysiciens japonais viennent de mettre en évidence l’existence d’une galaxie spirale vieille de 12,4 milliards d’années. Grâce à des technologies de pointe et à l’évolution des modèles théoriques, ces chercheurs ont pu capter des photons provenant de cette fameuse galaxie nommée BRI 1335-0417 lorsque notre cosmos était encore un enfant en bas âge de 1,4 milliards d’années. Cette découverte bouleverse le champ de l’astrophysique et de nouvelles observations et hypothèses théoriques devront être apportées pour avancer dans notre compréhension de l’évolution des galaxies et de l’univers. Les images de l’impressionnante galaxie BRI 1335-0417 sont à retrouver sur Futura, bien entendu. 

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Ce cas clinique est très encourageant et la société à l’origine de la prouesse thérapeutique devrait bientôt financer un essai de phase 3 pour évaluer plus finement la balance bénéfice / risque de cette intervention chez d’autres malades. 

En République Démocratique du Congo, les autorités, sous l'œil avisé des volcanologues, s’inquiètent d’une éruption prochaine dustratovolcan Nyiragongo. Des signes précurseurs comme la forte activité sismique, les fissures dans la ville de Goma et les mesures de déformation du sol dans la région laissent penser qu’une éruption est pour bientôt. Pour autant, impossible de connaître l’instant de la catastrophe avec une précision parfaite. Principe de précaution oblige compte tenu des risques pour la population, la ville de Goma, qui compte 600.000 habitants, est en cours d’évacuation.Plusieurs scénarios sont envisagés par les scientifiques : dans deux d’entre eux, une éruption de lave détruirait une partie de la ville. Mais dans le troisième, une éruption phréato-magmatique se produirait dans le même temps qu’un séisme ce qui engendrerait, par un phénomène de brusque décompression, une éruption limnique c’est-à-dire, un relâchement d’une énorme quantité de dioxyde de carbone et de méthane, asphyxiant tous les organismes vivants aux alentours. 

L’homme de Néandertal possédait-t-il les mêmes micro-organismes que vous au sein de sa bouche ? C’est ce que suggère une récente étude internationale qui a mobilisé plus de 49 scientifiques. À l’aide d'analyses métagénomiques de biofilm dentaires, les chercheurs ont pu reconstruire avec précision le microbiote oral supposé de Néandertal. Ils l’ont ensuite comparé au microbiote moderne d’autres espèces comme des gorilles, des signes et bien évidemment Homo Sapiens. Un noyau dur de micro-organismes est présent chez toutes ses espèces, ce qui suggère - bien que cela ne soit encore qu’une hypothèse - l’existence d’un microbiote basal. Plus intéressant encore, certaines populations bactériennes sont partagées uniquement entre Néandertal et Homo sapiens, ce qui laisse penser qu’elles nous rendent de grands services physiologiques et métaboliques depuis longtemps. Si des analyses archéologiques se multiplient, cela pourrait nous aider à comprendre comment les populations de micro-organismes qui nous habitent ont évolué avec nous et nous faire avancer dans la compréhension des liens qui unissent microbiote et maladie. 

Et si je vous disais que sans les champignons, tous les végétaux terrestres que vous connaissez seraient absents ? Une hypothèse ancienne avait été formulée à ce sujet et vient d’être confirmée par des expériences conduites par une équipe de chercheurs internationale. Nous savons que les plantes actuelles sont divisées en deux catégories : les plantes dites vasculaires qui possèdent tiges et racines et les plantes non vasculaires qui n’en possèdent pas, que l'on nomme bryophytes. En étudiant un représentant actuel des bryophytes, les scientifiques se sont rendus compte que, comme chez les plantes vasculaires, un certain gène permettait la symbiose, via le transfert de lipides, entre les champignons et les bryophytes. Lorsque ce gène était inactivé grâce à des techniques de biologie moléculaire, la symbiose échouait, ce qui prouve qu’il est bien indispensable au transfert de lipides susmentionné.On sait donc une chose sur l’ancêtre commun des différentes plantes qui colonisent actuellement la Terre : il échangeait des lipides avec des champignons il y a 450 millions d’années ! 

Des astrophysiciens japonais viennent de mettre en évidence l’existence d’une galaxie spirale vieille de 12,4 milliards d’années. Grâce à des technologies de pointe et à l’évolution des modèles théoriques, ces chercheurs ont pu capter des photons provenant de cette fameuse galaxie nommée BRI 1335-0417 lorsque notre cosmos était encore un enfant en bas âge de 1,4 milliards d’années. Cette découverte bouleverse le champ de l’astrophysique et de nouvelles observations et hypothèses théoriques devront être apportées pour avancer dans notre compréhension de l’évolution des galaxies et de l’univers. Les images de l’impressionnante galaxie BRI 1335-0417 sont à retrouver sur Futura, bien entendu. 

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