Fil de Science #19 : Covid-19 sans fin, douleur chez les roux et astéroïde

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Fil de Science #19 : Covid-19 sans fin, douleur chez les roux et astéroïde

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Pour cette semaine du 5 avril : une immunité collective en danger, une nouvelle physique qui pointe son nez, un glacier qui menace de s'effondrer, des roux super-équipés contre la douleur et un astéroïde qui a la main verte. Bonne écoute, et bon week-end !

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Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans Fil de Science, le podcast Futura où nous retraçons l’actualité de la semaine.

Un an après le début de la pandémie de Covid-19, nombreux sont ceux et celles qui se demandent quand nous pourrons enfin espérer un retour à la normale. L'immunité collective grâce à la vaccination est notre meilleure solution pour y parvenir, mais nous sommes encore loin de l’avoir atteinte. D’après des résultats publiés par l'Institut Pasteur, Santé publique France et la Haute autorité de Santé, 90 % de la population française devrait être vaccinée afin d’espérer une stabilisation de la situation d’ici l’été. Un chiffre atteignable en théorie, mais qui se heurte aux faibles intentions vaccinales des Français. En effet, une enquête menée fin mars révèlent que si 79% des plus de 65 ans avaient l’intention de se faire vacciner, seuls 36% des 18-24 ans s’annonçait décidés à se prémunir contre le virus de cette manière. Les scientifiques sont donc formels : pour l’instant, même dans les scénarios les plus optimistes, l’entêtement des Français à l’encontre du vaccin ne permet pas d’envisager le relâchement des mesures de contrôle, et sans un changement rapide et drastique, nous pourrions continuer de payer le prix de cette pandémie encore longtemps. Alors que les hôpitaux sont à nouveau surchargés de patients, avec des personnels soignants infectés contraints de continuer de travailler faute d’effectifs et des choix difficiles à faire au quotidien, nous invitons nos auditeurs encore réfractaires au vaccin à reconsidérer leur choix en s’informant auprès de sources fiables, pour leur propre santé et celle de tous.

La physique des particules devrait bientôt avoir à se mettre à jour. En effet, le 7 avril dernier, le Fermilab a publié de nouveaux résultats marquant un tournant dans l'énigme du moment magnétique du muon. Le muon est un cousin de l’électron, possédant tout comme lui une charge électrique élémentaire et un moment cinétique intrinsèque, baptisé spin. Pendant plus de deux décennies, les chercheurs ont peiné à obtenir une valeur théorique de ce spin alignée sur celle mesurée en laboratoire, mais grâce à des études d’une précision sans précédent, l’équipe du Fermilab suggère aujourd’hui que ce ne sont plus les protocoles expérimentaux, mais bien la théorie qui aurait besoin d’être réécrite. Si de plus amples expériences seront nécessaires pour confirmer ce constat, la nouvelle n’en est pas moins excitante pour les physiciens des particules.

Le glacier de l'île du Pin est plus dangereux que son nom ne le laisse présumer. Situé à l’ouest de l’Antarctique, cette immense région est surveillée de près par les scientifiques. En février 2020, elle avait déjà perdu un iceberg de la taille de l’île de Malte, mais aujourd’hui, la tendance s’accélère alors que le glacier menace de basculer dans une série de points de non retour qui laissant présumer du pire. Déjà responsable de 10% de la hausse du niveau de la mer avec son voisin le glacier Thwaites, le Pine Island Glacier pourrait entraîner avec lui l'effondrement imminent de tout l'ouest de la calotte glaciaire antarctique, avec pour conséquence une montée des eaux de plus de trois mètres. La lutte contre le changement climatique reste une priorité capitale durant cette année 2021 et les suivantes pour ralentir l’arrivée de ces événements catastrophiques.

Saviez-vous que les roux ressentent la douleur différemment du reste de la population ? Désormais, les chercheurs savent pourquoi ! Qu’elles soient blond vénitien ou poil de carotte, les personnes rousses partagent toutes le même trait : une mutation sur le gène MC1R, qui l’empêche de reconnaître l'hormone mélanotrope (MSH). Celui-ci ne produit donc qu'un seul type de mélanine, baptisé phléomélanine responsable de la couleur de la peau et de la teinte rousse des cheveux, mais les conséquences de cette mutation ne s’arrêteraient pas là. En effet, les roux ont un plus haut seuil de tolérance à la douleur grâce à une faible production de l’hormone mélanotrope normalement en charge de la stimulation des neurones nocicepteurs. Victimes de nombreux clichés, les personnes rousses ont donc pourtant un super-pouvoir, et ça, ce ne sont pas nos préjugés qui le disent, c’est la science !

Étonnant et pourtant vrai, l’astéroïde responsable de la disparition des dinosaures nous aurait aussi donné la forêt amazonienne. Si l’on en croit une récente étude menée sur des fossiles colombiens par les chercheurs du Smithsonian Tropical Research Institute, la forêt aurait été bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui avant l’impact. La disparition des sauriens géants aurait permis à un nouveau type de végétation de prospérer tandis que les cendres issue des incendies de forêt auraient fertilisé le sol et favorisé l’apparition de plantes à fleurs, quasi inexistantes jusque-là. Bien que l’issue de cet événement semble relativement favorable, les chercheurs soulignent que 6 millions d’années auront été nécessaires à la constitution de la forêt amazonienne, et qu’une destruction similaire de la flore pourrait survenir à nouveau si le climat continue de se dégrader sous l’action humaine. Les images des fossiles colombiens et nos autres actualités sont à découvrir sur Futura, bien entendu.

Pour ne rien manquer de l’actualité scientifique, rendez-vous sur les plateformes de diffusion pour vous abonner à Fil de Science et à nos autres podcasts. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas nous laisser un commentaire avec le hashtag #FuturaPod, et cinq étoiles sur vos applications audio préférées. Ne manquez pas notre nouvel épisode de Chasseurs de Science, samedi à 14h, pour une excursion en Sibérie aux côtés d’Yves Coppens et de son équipe de recherche. On se retrouve vendredi prochain, à 18h30, avec toujours plus de nouveautés scientifiques. Bon week-end à tous !

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Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans Fil de Science, le podcast Futura où nous retraçons l’actualité de la semaine.

Un an après le début de la pandémie de Covid-19, nombreux sont ceux et celles qui se demandent quand nous pourrons enfin espérer un retour à la normale. L'immunité collective grâce à la vaccination est notre meilleure solution pour y parvenir, mais nous sommes encore loin de l’avoir atteinte. D’après des résultats publiés par l'Institut Pasteur, Santé publique France et la Haute autorité de Santé, 90 % de la population française devrait être vaccinée afin d’espérer une stabilisation de la situation d’ici l’été. Un chiffre atteignable en théorie, mais qui se heurte aux faibles intentions vaccinales des Français. En effet, une enquête menée fin mars révèlent que si 79% des plus de 65 ans avaient l’intention de se faire vacciner, seuls 36% des 18-24 ans s’annonçait décidés à se prémunir contre le virus de cette manière. Les scientifiques sont donc formels : pour l’instant, même dans les scénarios les plus optimistes, l’entêtement des Français à l’encontre du vaccin ne permet pas d’envisager le relâchement des mesures de contrôle, et sans un changement rapide et drastique, nous pourrions continuer de payer le prix de cette pandémie encore longtemps. Alors que les hôpitaux sont à nouveau surchargés de patients, avec des personnels soignants infectés contraints de continuer de travailler faute d’effectifs et des choix difficiles à faire au quotidien, nous invitons nos auditeurs encore réfractaires au vaccin à reconsidérer leur choix en s’informant auprès de sources fiables, pour leur propre santé et celle de tous.

La physique des particules devrait bientôt avoir à se mettre à jour. En effet, le 7 avril dernier, le Fermilab a publié de nouveaux résultats marquant un tournant dans l'énigme du moment magnétique du muon. Le muon est un cousin de l’électron, possédant tout comme lui une charge électrique élémentaire et un moment cinétique intrinsèque, baptisé spin. Pendant plus de deux décennies, les chercheurs ont peiné à obtenir une valeur théorique de ce spin alignée sur celle mesurée en laboratoire, mais grâce à des études d’une précision sans précédent, l’équipe du Fermilab suggère aujourd’hui que ce ne sont plus les protocoles expérimentaux, mais bien la théorie qui aurait besoin d’être réécrite. Si de plus amples expériences seront nécessaires pour confirmer ce constat, la nouvelle n’en est pas moins excitante pour les physiciens des particules.

Le glacier de l'île du Pin est plus dangereux que son nom ne le laisse présumer. Situé à l’ouest de l’Antarctique, cette immense région est surveillée de près par les scientifiques. En février 2020, elle avait déjà perdu un iceberg de la taille de l’île de Malte, mais aujourd’hui, la tendance s’accélère alors que le glacier menace de basculer dans une série de points de non retour qui laissant présumer du pire. Déjà responsable de 10% de la hausse du niveau de la mer avec son voisin le glacier Thwaites, le Pine Island Glacier pourrait entraîner avec lui l'effondrement imminent de tout l'ouest de la calotte glaciaire antarctique, avec pour conséquence une montée des eaux de plus de trois mètres. La lutte contre le changement climatique reste une priorité capitale durant cette année 2021 et les suivantes pour ralentir l’arrivée de ces événements catastrophiques.

Saviez-vous que les roux ressentent la douleur différemment du reste de la population ? Désormais, les chercheurs savent pourquoi ! Qu’elles soient blond vénitien ou poil de carotte, les personnes rousses partagent toutes le même trait : une mutation sur le gène MC1R, qui l’empêche de reconnaître l'hormone mélanotrope (MSH). Celui-ci ne produit donc qu'un seul type de mélanine, baptisé phléomélanine responsable de la couleur de la peau et de la teinte rousse des cheveux, mais les conséquences de cette mutation ne s’arrêteraient pas là. En effet, les roux ont un plus haut seuil de tolérance à la douleur grâce à une faible production de l’hormone mélanotrope normalement en charge de la stimulation des neurones nocicepteurs. Victimes de nombreux clichés, les personnes rousses ont donc pourtant un super-pouvoir, et ça, ce ne sont pas nos préjugés qui le disent, c’est la science !

Étonnant et pourtant vrai, l’astéroïde responsable de la disparition des dinosaures nous aurait aussi donné la forêt amazonienne. Si l’on en croit une récente étude menée sur des fossiles colombiens par les chercheurs du Smithsonian Tropical Research Institute, la forêt aurait été bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui avant l’impact. La disparition des sauriens géants aurait permis à un nouveau type de végétation de prospérer tandis que les cendres issue des incendies de forêt auraient fertilisé le sol et favorisé l’apparition de plantes à fleurs, quasi inexistantes jusque-là. Bien que l’issue de cet événement semble relativement favorable, les chercheurs soulignent que 6 millions d’années auront été nécessaires à la constitution de la forêt amazonienne, et qu’une destruction similaire de la flore pourrait survenir à nouveau si le climat continue de se dégrader sous l’action humaine. Les images des fossiles colombiens et nos autres actualités sont à découvrir sur Futura, bien entendu.

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