Fil de Science #18 : Antimatière transportable, identité biométrique et super dinosaure

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Fil de Science #18 : Antimatière transportable, identité biométrique et super dinosaure

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Pour cette semaine du 29 mars : des expériences de transport d'antimatière, des gènes qui se transmettent de plantes à insectes, des données oculométriques qui permettent de vous identifier, des précisions sur l'origine du SARS-CoV-2 et la découverte de restes fossilisés d'un super dinosaure. Bonne écoute, et bon week-end !

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Transcription du podcast :

Bonjour à tous, bienvenue dans Fil de Science, le podcast Futura où nous retraçons l’actualité de la semaine. 

Nous commençons tout de suite avec une immersion dans le monde de l’antimatière. Ces particules miroirs de la matière classique ont été prédites en 1931 par des calculs théoriques et découvertes expérimentalement à travers le temps. Désormais, au Cern, des chercheurs s’apprêtent à réaliser la prouesse d’un stockage portatif de cette antimatière. Les scientifiques disposaient déjà d’une technologie de stockage classique qui avait valu le prix Nobel de physique à son inventeur, Hans Georg Dehmelt. Le défi depuis quelques années consiste à présent à déplacer l’antimatière loin du site sur laquelle elle est produite. En effet, l’objectif est d’obtenir un cadre expérimental moins pollué par l’énergie magnétique engendrée par d’autres travaux du CERN, afin de mesurer plus précisément les propriétés de cette antimatière, à la recherche d’une nouvelle physique. Affaire à suivre. 

Votre regard peut-il révéler qui vous êtes ? Loin de l’iridologie et de ces concepts pseudo-scientifiques, l’oculométrie, une technologie qui permet de suivre les mouvements oculaires, la durée des fixations, les saccades et la vitesse d’accélération, est de plus en plus prisée par les publicitaires. À l’aide de bases de données colossales recueillant ce type d’informations, des algorithmes pourraient induire beaucoup de choses sur vous comme votre genre, votre âge, votre appartenance ethnique, votre poids, vos habitudes de consommations de drogues, vos états émotionnels, vos aptitudes, vos peurs, vos centres d’intérêts ou encore vos préférences sexuelles. Évidemment, les associations entre ces variables ne sont pour l’instant qu’à l’état de corrélations et rien ne laisse supposer que des relations causales existeraient entre elles. Mais si cela constitue un sujet d’étude intéressant pour la recherche, cela représente une source de données d’autant plus précieuse pour les publicitaires, pour lesquels la question de la prédictibilité de vos informations personnelles est la seule qui importe. 

Et maintenant, faisons un tour du côté du coronavirus. Dans un récent rapport, les experts de l’organisation mondiale de la santé partis enquêter en Chine font le point sur les différentes probabilités associées aux hypothèses de l’origine du SARS-CoV-2. Sur les quatre hypothèses formulées initialement, la plus probable après le travail d’enquête semble être celle de la zoonose, autrement dit de la transmission du virus de l’animal vers l’Homme. La chauve-souris serait bien le réservoir du virus, et l’hôte intermédiaire, s’il y en a bien eu un, reste toujours inconnu. Le rôle du marché de Wuhan, épicentre de la pandémie, reste opaque. S’il a bien été un lieu de propagation du virus, il ne semble pas être le lieu de la transmission initiale. Enfin, l’hypothèse de l’accident de laboratoire est considérée comme la plus improbable par les experts de l’OMS, compte tenu des règles de sécurité strictement respectées, de la non-détection du génome du virus début décembre et de la non-contamination des employés du laboratoire à cette même période de l’année. Néanmoins, au vu de la complexité de la situation et des pressions politiques présentes sur le terrain lors de l’enquête, toutes les hypothèses restent pour l’instant sur la table avec leur degré de probabilité respectives. 

Le monde de la génétique et de l’agriculture nous réserve encore bien des surprises ! Des chercheurs viennent de comprendre comment l’aleurode du tabac, une petite mouche blanche – de son nom scientifique Bemisia tabaci – qui ravage les cultures agricoles, se défend contre les plantes. Les plantes se protègent généralement en sécrétant des métabolites toxiques pour les hôtes indésirables. Mais ce petit insecte possède un gène identique à celui des plantes qu’il consomme, lui conférant une capacité de résistance accrue. Il en aurait hérité il y a plus de 35 millions d’années et cette découverte serait la première preuve d’un transfert horizontal de gènes entre une plante et un insecte. 

Pour finir, partons en expédition au beau milieu de la Patagonie, en Argentine. Des restes fossilisés incroyablement bien conservés d’un dinosaure jusque-là inconnu ont été découverts. Ce dernier a été baptisé Llukalkan aliocranianus ce qui, en langue mapuche, signifie à peu près « celui qui fait peur ». Grâce aux restes bien conservés, les paléontologues ont pu déterminer que le dinosaure en question avait de longues griffes, des pattes arrières puissantes et mesurait jusqu’à cinq mètres de long. En étudiant son crâne en bon état, ils ont réalisé des observations cruciales qui suggèrent que ce dinosaure avaient toutes les caractéristiques d’un superprédateur : bonne audition, odorat fin et dents acérées. Il ne fait aucun doute que ce spécimen mérite bien le surnom qui lui a été attribué. Les images fossilisées du dinosaure « celui qui fait peur » sont à découvrir sur Futura bien entendu. 

Pour ne rien manquer de l’actualité scientifique, rendez-vous sur les plateformes de diffusion pour vous abonner à Fil de Science et à nos autres podcasts. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas nous laisser un commentaire avec le hashtag #FuturaPod, et cinq étoiles sur vos applications audio préférées. On se retrouve vendredi prochain, à 18h30, avec toujours plus de nouveautés scientifiques. Bon week-end à tous !

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Votre regard peut-il révéler qui vous êtes ? Loin de l’iridologie et de ces concepts pseudo-scientifiques, l’oculométrie, une technologie qui permet de suivre les mouvements oculaires, la durée des fixations, les saccades et la vitesse d’accélération, est de plus en plus prisée par les publicitaires. À l’aide de bases de données colossales recueillant ce type d’informations, des algorithmes pourraient induire beaucoup de choses sur vous comme votre genre, votre âge, votre appartenance ethnique, votre poids, vos habitudes de consommations de drogues, vos états émotionnels, vos aptitudes, vos peurs, vos centres d’intérêts ou encore vos préférences sexuelles. Évidemment, les associations entre ces variables ne sont pour l’instant qu’à l’état de corrélations et rien ne laisse supposer que des relations causales existeraient entre elles. Mais si cela constitue un sujet d’étude intéressant pour la recherche, cela représente une source de données d’autant plus précieuse pour les publicitaires, pour lesquels la question de la prédictibilité de vos informations personnelles est la seule qui importe. 

Et maintenant, faisons un tour du côté du coronavirus. Dans un récent rapport, les experts de l’organisation mondiale de la santé partis enquêter en Chine font le point sur les différentes probabilités associées aux hypothèses de l’origine du SARS-CoV-2. Sur les quatre hypothèses formulées initialement, la plus probable après le travail d’enquête semble être celle de la zoonose, autrement dit de la transmission du virus de l’animal vers l’Homme. La chauve-souris serait bien le réservoir du virus, et l’hôte intermédiaire, s’il y en a bien eu un, reste toujours inconnu. Le rôle du marché de Wuhan, épicentre de la pandémie, reste opaque. S’il a bien été un lieu de propagation du virus, il ne semble pas être le lieu de la transmission initiale. Enfin, l’hypothèse de l’accident de laboratoire est considérée comme la plus improbable par les experts de l’OMS, compte tenu des règles de sécurité strictement respectées, de la non-détection du génome du virus début décembre et de la non-contamination des employés du laboratoire à cette même période de l’année. Néanmoins, au vu de la complexité de la situation et des pressions politiques présentes sur le terrain lors de l’enquête, toutes les hypothèses restent pour l’instant sur la table avec leur degré de probabilité respectives. 

Le monde de la génétique et de l’agriculture nous réserve encore bien des surprises ! Des chercheurs viennent de comprendre comment l’aleurode du tabac, une petite mouche blanche – de son nom scientifique Bemisia tabaci – qui ravage les cultures agricoles, se défend contre les plantes. Les plantes se protègent généralement en sécrétant des métabolites toxiques pour les hôtes indésirables. Mais ce petit insecte possède un gène identique à celui des plantes qu’il consomme, lui conférant une capacité de résistance accrue. Il en aurait hérité il y a plus de 35 millions d’années et cette découverte serait la première preuve d’un transfert horizontal de gènes entre une plante et un insecte. 

Pour finir, partons en expédition au beau milieu de la Patagonie, en Argentine. Des restes fossilisés incroyablement bien conservés d’un dinosaure jusque-là inconnu ont été découverts. Ce dernier a été baptisé Llukalkan aliocranianus ce qui, en langue mapuche, signifie à peu près « celui qui fait peur ». Grâce aux restes bien conservés, les paléontologues ont pu déterminer que le dinosaure en question avait de longues griffes, des pattes arrières puissantes et mesurait jusqu’à cinq mètres de long. En étudiant son crâne en bon état, ils ont réalisé des observations cruciales qui suggèrent que ce dinosaure avaient toutes les caractéristiques d’un superprédateur : bonne audition, odorat fin et dents acérées. Il ne fait aucun doute que ce spécimen mérite bien le surnom qui lui a été attribué. Les images fossilisées du dinosaure « celui qui fait peur » sont à découvrir sur Futura bien entendu. 

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