Hans le Malin, le cheval qui savait compter

Bêtes de science

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Hans le Malin, le cheval qui savait compter

Bêtes de science

Dans nos légendes comme sur les routes, le cheval nous accompagne depuis très longtemps, mais un nom en particulier a marqué les esprits : celui de Hans le Malin, le cheval qui savait compter. Comment s'y prenait-il ? Vous le découvrirez en écoutant ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

Pour aller plus loin :

Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’un de nos plus anciens compagnons de voyage.

Les légendes de nos régions racontent parfois des histoires à glacer le sang, surtout sur le cheval. En Alsace, on murmure qu'il est l'animal du diable, celui qui bouscule les voyageurs solitaires. En Provence, on rapporte qu'il erre dans les rues, la nuit, pour enlever les enfants imprudents. Et en Normandie, on se méfie de sa capacité à hypnotiser les humains, car on raconte que beaucoup auraient ainsi été attirés vers la mer, sans jamais pouvoir en revenir.

Pourtant, presque à l'image du chien, le cheval entretient avec l’humain des relations très étroites, tissées au fil de millénaires d'aventures partagées. D’ailleurs, il est, lui aussi, capable de communication interspécifique, c’est-à-dire d’échanger avec des animaux n’appartenant pas à son espèce. En l’occurrence, nous. Eh oui, n’oublions pas que nous sommes des animaux ! Le cheval est capable d’attirer notre attention sur quelque chose, d’exprimer certains de ses états par le regard, de reconnaître des visages, de lire des émotions, ou encore d'apprendre à désigner des symboles pour s'exprimer. Certains cavaliers ont même remarqué que leur cheval avait appris à ouvrir les portes en les observant, afin d’aller dérober une petite friandise cachée à l’intérieur d’un box ou d’une maison. Bref, cet animal est doté de compétences cognitives sociales impressionnantes. Mais attendez la suite, car pour vous le prouver, voici l’histoire d’un cheval qui mérite bien son nom : Hans le malin.

Ce sympathique équidé se fait connaître au tout début du XXe siècle. On parle de lui dans toute l'Europe, et même aux États-Unis, c’est une vraie superstar. Mais pourquoi ? Eh bien, si l’on en croit ce qu’il se dit, Hans est capable de résoudre des problèmes mathématiques. Bon d’accord, plus précisément, il sait faire des additions et des soustractions. Mais c’est déjà pas mal pour un cheval !

Imaginez. Au milieu d’une foule de badauds ébahis, Hans se tient devant une table de fortune montée sur des tréteaux, où se dressent quatre bâtons de bois. Son maître William Von Osten, un ancien professeur de mathématiques allemand, soulève alors une boîte, révélant deux autres bâtons et lui demande : « Combien font deux plus quatre ? ». Alors que le public retient son souffle, Hans tape du sabot sur le sol, une fois, deux fois, trois fois puis six. C’est la bonne réponse ! Des sceptiques demandent à mener l’expérience eux-mêmes pour vérifier qu’il n’y a pas de tricherie, mais cette fois encore, le cheval répond toujours correctement. Télépathie entre le cheval et son maître, influence magnétique… Les théories les plus farfelues voient alors le jour. Un groupe d'experts scientifiques finit même par conclure que son talent est authentique, ce qui ne fait qu’accroître son succès.

Mais en réalité, Hans ne sait pas compter. Sa compétence réside ailleurs. Et ça, l’étudiant en philosophie et en médecine Oskar Pfungst l’a bien remarqué. Ce dernier mène plusieurs expériences avec le cheval et remarque que celui-ci se trompe régulièrement lorsque les personnes qui l’interrogent ignorent elles-mêmes la réponse. Ou bien lorsqu’elles se trouvent en dehors de son champ de vision. Alors, vous devinez comment Hans s’y est pris ?

Il ne sait peut-être pas lire les nombres, mais il est très doué lorsqu’il s’agit de lire sur le visage des humains. Et ça, surtout lorsqu’il sait qu’il y a une carotte à la clé ! Eh oui ! Au lieu d’essayer de s’embêter avec des additions et des soustractions qui ne l’intéressaient guère, l’animal futé observait les expressions, parfois inconscientes, de ceux qui le questionnaient. Les humains et beaucoup d’autres animaux expriment et perçoivent toutes sortes de signaux inconscients quand ils communiquent. Un phénomène qui porte aujourd’hui le nom d’effet… Hans le Malin ! Ainsi, il parvenait à deviner quand il s’approchait de la bonne réponse et qu’il fallait s’arrêter, donnant l’impression qu’il savait tout simplement compter.

La révélation d’Oskar Pfungst a mis un terme au succès de Hans, son maître décida même de s’en séparer, déçu de son animal. Pauvre Hans… On raconte qu’il est ensuite devenu cheval militaire et qu’il a connu une fin assez sordide sur le champ de bataille. Pourtant, même s’il ne savait pas compter, il a su démontrer avec brio que les membres de son espèce sont d’exceptionnels mentalistes, capables de nous comprendre par-delà ce que nous leur disons. Alors, pas si bête, le cheval !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

Musique et bruitages :

Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

Lonely Mountain, par Rafael Krux

Magical Dancers et Popular Dances In The Town Square, par MusicLFiles

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

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Dans nos légendes comme sur les routes, le cheval nous accompagne depuis très longtemps, mais un nom en particulier a marqué les esprits : celui de Hans le Malin, le cheval qui savait compter. Comment s'y prenait-il ? Vous le découvrirez en écoutant ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’un de nos plus anciens compagnons de voyage.

Les légendes de nos régions racontent parfois des histoires à glacer le sang, surtout sur le cheval. En Alsace, on murmure qu'il est l'animal du diable, celui qui bouscule les voyageurs solitaires. En Provence, on rapporte qu'il erre dans les rues, la nuit, pour enlever les enfants imprudents. Et en Normandie, on se méfie de sa capacité à hypnotiser les humains, car on raconte que beaucoup auraient ainsi été attirés vers la mer, sans jamais pouvoir en revenir.

Pourtant, presque à l'image du chien, le cheval entretient avec l’humain des relations très étroites, tissées au fil de millénaires d'aventures partagées. D’ailleurs, il est, lui aussi, capable de communication interspécifique, c’est-à-dire d’échanger avec des animaux n’appartenant pas à son espèce. En l’occurrence, nous. Eh oui, n’oublions pas que nous sommes des animaux ! Le cheval est capable d’attirer notre attention sur quelque chose, d’exprimer certains de ses états par le regard, de reconnaître des visages, de lire des émotions, ou encore d'apprendre à désigner des symboles pour s'exprimer. Certains cavaliers ont même remarqué que leur cheval avait appris à ouvrir les portes en les observant, afin d’aller dérober une petite friandise cachée à l’intérieur d’un box ou d’une maison. Bref, cet animal est doté de compétences cognitives sociales impressionnantes. Mais attendez la suite, car pour vous le prouver, voici l’histoire d’un cheval qui mérite bien son nom : Hans le malin.

Ce sympathique équidé se fait connaître au tout début du XXe siècle. On parle de lui dans toute l'Europe, et même aux États-Unis, c’est une vraie superstar. Mais pourquoi ? Eh bien, si l’on en croit ce qu’il se dit, Hans est capable de résoudre des problèmes mathématiques. Bon d’accord, plus précisément, il sait faire des additions et des soustractions. Mais c’est déjà pas mal pour un cheval !

Imaginez. Au milieu d’une foule de badauds ébahis, Hans se tient devant une table de fortune montée sur des tréteaux, où se dressent quatre bâtons de bois. Son maître William Von Osten, un ancien professeur de mathématiques allemand, soulève alors une boîte, révélant deux autres bâtons et lui demande : « Combien font deux plus quatre ? ». Alors que le public retient son souffle, Hans tape du sabot sur le sol, une fois, deux fois, trois fois puis six. C’est la bonne réponse ! Des sceptiques demandent à mener l’expérience eux-mêmes pour vérifier qu’il n’y a pas de tricherie, mais cette fois encore, le cheval répond toujours correctement. Télépathie entre le cheval et son maître, influence magnétique… Les théories les plus farfelues voient alors le jour. Un groupe d'experts scientifiques finit même par conclure que son talent est authentique, ce qui ne fait qu’accroître son succès.

Mais en réalité, Hans ne sait pas compter. Sa compétence réside ailleurs. Et ça, l’étudiant en philosophie et en médecine Oskar Pfungst l’a bien remarqué. Ce dernier mène plusieurs expériences avec le cheval et remarque que celui-ci se trompe régulièrement lorsque les personnes qui l’interrogent ignorent elles-mêmes la réponse. Ou bien lorsqu’elles se trouvent en dehors de son champ de vision. Alors, vous devinez comment Hans s’y est pris ?

Il ne sait peut-être pas lire les nombres, mais il est très doué lorsqu’il s’agit de lire sur le visage des humains. Et ça, surtout lorsqu’il sait qu’il y a une carotte à la clé ! Eh oui ! Au lieu d’essayer de s’embêter avec des additions et des soustractions qui ne l’intéressaient guère, l’animal futé observait les expressions, parfois inconscientes, de ceux qui le questionnaient. Les humains et beaucoup d’autres animaux expriment et perçoivent toutes sortes de signaux inconscients quand ils communiquent. Un phénomène qui porte aujourd’hui le nom d’effet… Hans le Malin ! Ainsi, il parvenait à deviner quand il s’approchait de la bonne réponse et qu’il fallait s’arrêter, donnant l’impression qu’il savait tout simplement compter.

La révélation d’Oskar Pfungst a mis un terme au succès de Hans, son maître décida même de s’en séparer, déçu de son animal. Pauvre Hans… On raconte qu’il est ensuite devenu cheval militaire et qu’il a connu une fin assez sordide sur le champ de bataille. Pourtant, même s’il ne savait pas compter, il a su démontrer avec brio que les membres de son espèce sont d’exceptionnels mentalistes, capables de nous comprendre par-delà ce que nous leur disons. Alors, pas si bête, le cheval !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

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