La sardine, plus douée que la Patrouille de France

Bêtes de science

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La sardine, plus douée que la Patrouille de France

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En rillettes, en boîte de conserve ou fraîche, la sardine est un mets qui s'accorde de mille façons à nos plats, mais elle est avant tout un être vivant. Qui plus est, un petit poisson aux multiples talents ne dépareillant pas de la Patrouille de France lorsqu'il s'agit de se déplacer en formation organisée. Pourquoi la sardine se déplace-t-elle en banc et comment s'y prend-elle pour créer ces formes splendides d'une impressionnante précision ? C'est la question à laquelle nous répondons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

Pour aller plus loin :

Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à un petit poisson qui en a dans le citron.

Elle a beau être assez commune à nos yeux, elle n’en est pas moins assez coquette. Elle a le dos bleu vert et le ventre argenté. Parfois, elle pare aussi ses flancs d'une délicate bande bleue. Elle a de grandes écailles, mais reste ce que les chercheurs appellent un petit poisson. Elle, c'est la sardine. Et, en rillettes, en conserve ou fraîche, ce poisson gras est délicieux à déguster, d'autant qu'il est riche en oméga-3 et source de vitamine D. Rien qu'en France, on pêche en moyenne plus de 20.000 tonnes de sardines par an. Ça en fait, de la rillette ! Pourtant, l'espèce n'est pas considérée comme menacée, même si ses populations sont surexploitées, notamment en Méditerranée. D'ailleurs, saviez-vous que la sardine doit son nom à la Sardaigne sur les côtes de laquelle elle était particulièrement abondante pendant l'Antiquité ?

Aujourd'hui, en revanche, ses effectifs fluctuent beaucoup d'une année sur l'autre, pour une raison qui échappe encore aux scientifiques. Au point que sa potentielle disparition les inquiète. Car certes, la sardine est un plat délicieux, mais c’est avant tout un être vivant, qui ravit nos papilles mais constitue aussi la base alimentaire d’un grand nombre d’espèces dans l’océan. Pour un si petit poisson, son rôle au sein des écosystèmes marins est vraiment impressionnant ! Les experts pensent en effet que les sardines sont essentielles à la survie des zones marines. Leur place intermédiaire dans la chaîne alimentaire en fait un maillon crucial : sans elles, les mouettes, les dauphins, les requins, les anguilles et bien d’autres espèces mourraient de faim, tandis que les populations de plancton grandiraient de manière incontrôlée.

Mais vous connaissez la chanson, si nous nous intéressons aux sardines aujourd’hui, c'est pour parler intelligence. Car la maman, des poissons, elle est bien gentille, mais surtout pas si bête. Et si les points de comparaison entre les abeilles et les sardines ne sont pas nombreux, elles se rejoignent au moins sur un aspect : leur plus grande force est l’intelligence collective. C'est bien connu, la sardine vit en bancs, ces immenses groupes argentés qui se déplacent d’un seul mouvement en rangs serrés. Dans la nature, le spectacle est étonnant et époustouflant, donnant lieu à des formes géantes se mouvant à la manière des murmurations d’étourneaux dans le ciel. Mais il est aussi fort utile pour notre petit poisson. En restant en bancs, les sardines apparaissent plus impressionnantes aux yeux de certains prédateurs des mers, comme une sorte de poisson géant dont chaque écaille est un individu. Se déplacer en bancs leur permet en fait d’économiser de l’énergie. Les sardines profitent des courants créés par chacune de leurs voisines pour se déplacer plus vite, tout comme les oiseaux migrateurs volent en formation pour mieux fendre l’air. Jusqu'à un million de ces poissons filent à vive allure, en totale harmonie et sans jamais se heurter. Et c’est cette aptitude incroyable qui a intrigué les chercheurs en éthologie, ceux qui étudient le comportement des espèces animales. Ils se sont aperçu que seules deux ou trois règles suffisent aux sardines pour coordonner leurs mouvements dans la masse. Voici les règles du Sardine Club. Premièrement : interdiction de s'éloigner de ses voisines de plus de dix centimètres. Deuxièmement : interdiction de s'approcher de ses voisines de plus de dix centimètres. Eh oui, chez les sardines, la discipline est militaire ! Enfin, il semblerait que les sardines ne se mettent pas en mouvement toutes en même temps. Seuls quelques individus initient le déplacement, qui se diffuse ensuite aux autres comme une hola dans un stade de football. C’est la troisième règle : imiter en permanence le comportement moyen de la dizaine d’individus les plus proches de soi. Si les sardines respectent les règles de ce club, alors leur survie devient optimale, même si elles restent le casse-croûte préféré des océans.

Résultat : des bancs de sardines parfaitement coordonnés grâce à la force de l'intelligence collective. Pas besoin de chef pour diriger les troupes. Personne ne commande. Si une sardine aperçoit un prédateur qui l'effraie, elle déguerpit en entraînant avec elle l'ensemble de ses copines en seulement quelques millisecondes. Loin de la considérer comme un simple complément pour une salade estivale, les spécialistes de la robotique et de l’intelligence artificielle admirent cette compétence et s’en inspirent pour concevoir des robots ou des véhicules autonomes toujours mieux organisés. Alors, pas si bête, la sardine !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur vos plateformes audio préférées. Ne manquez pas notre hors-série estival, La Nature sur Écoute, animé par Pierre et Élise Kerner, à paraître une semaine sur deux sur jusqu’au 10 août. Quant à nous, on se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

Musique et bruitages :

Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

Imagefilm 033 et Mini Fairytales Theme, par Sascha Ende

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

Thème de La Maman des poissons de Boby Lapointe au ukulélé, par Emma Hollen

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En rillettes, en boîte de conserve ou fraîche, la sardine est un mets qui s'accorde de mille façons à nos plats, mais elle est avant tout un être vivant. Qui plus est, un petit poisson aux multiples talents ne dépareillant pas de la Patrouille de France lorsqu'il s'agit de se déplacer en formation organisée. Pourquoi la sardine se déplace-t-elle en banc et comment s'y prend-elle pour créer ces formes splendides d'une impressionnante précision ? C'est la question à laquelle nous répondons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à un petit poisson qui en a dans le citron.

Elle a beau être assez commune à nos yeux, elle n’en est pas moins assez coquette. Elle a le dos bleu vert et le ventre argenté. Parfois, elle pare aussi ses flancs d'une délicate bande bleue. Elle a de grandes écailles, mais reste ce que les chercheurs appellent un petit poisson. Elle, c'est la sardine. Et, en rillettes, en conserve ou fraîche, ce poisson gras est délicieux à déguster, d'autant qu'il est riche en oméga-3 et source de vitamine D. Rien qu'en France, on pêche en moyenne plus de 20.000 tonnes de sardines par an. Ça en fait, de la rillette ! Pourtant, l'espèce n'est pas considérée comme menacée, même si ses populations sont surexploitées, notamment en Méditerranée. D'ailleurs, saviez-vous que la sardine doit son nom à la Sardaigne sur les côtes de laquelle elle était particulièrement abondante pendant l'Antiquité ?

Aujourd'hui, en revanche, ses effectifs fluctuent beaucoup d'une année sur l'autre, pour une raison qui échappe encore aux scientifiques. Au point que sa potentielle disparition les inquiète. Car certes, la sardine est un plat délicieux, mais c’est avant tout un être vivant, qui ravit nos papilles mais constitue aussi la base alimentaire d’un grand nombre d’espèces dans l’océan. Pour un si petit poisson, son rôle au sein des écosystèmes marins est vraiment impressionnant ! Les experts pensent en effet que les sardines sont essentielles à la survie des zones marines. Leur place intermédiaire dans la chaîne alimentaire en fait un maillon crucial : sans elles, les mouettes, les dauphins, les requins, les anguilles et bien d’autres espèces mourraient de faim, tandis que les populations de plancton grandiraient de manière incontrôlée.

Mais vous connaissez la chanson, si nous nous intéressons aux sardines aujourd’hui, c'est pour parler intelligence. Car la maman, des poissons, elle est bien gentille, mais surtout pas si bête. Et si les points de comparaison entre les abeilles et les sardines ne sont pas nombreux, elles se rejoignent au moins sur un aspect : leur plus grande force est l’intelligence collective. C'est bien connu, la sardine vit en bancs, ces immenses groupes argentés qui se déplacent d’un seul mouvement en rangs serrés. Dans la nature, le spectacle est étonnant et époustouflant, donnant lieu à des formes géantes se mouvant à la manière des murmurations d’étourneaux dans le ciel. Mais il est aussi fort utile pour notre petit poisson. En restant en bancs, les sardines apparaissent plus impressionnantes aux yeux de certains prédateurs des mers, comme une sorte de poisson géant dont chaque écaille est un individu. Se déplacer en bancs leur permet en fait d’économiser de l’énergie. Les sardines profitent des courants créés par chacune de leurs voisines pour se déplacer plus vite, tout comme les oiseaux migrateurs volent en formation pour mieux fendre l’air. Jusqu'à un million de ces poissons filent à vive allure, en totale harmonie et sans jamais se heurter. Et c’est cette aptitude incroyable qui a intrigué les chercheurs en éthologie, ceux qui étudient le comportement des espèces animales. Ils se sont aperçu que seules deux ou trois règles suffisent aux sardines pour coordonner leurs mouvements dans la masse. Voici les règles du Sardine Club. Premièrement : interdiction de s'éloigner de ses voisines de plus de dix centimètres. Deuxièmement : interdiction de s'approcher de ses voisines de plus de dix centimètres. Eh oui, chez les sardines, la discipline est militaire ! Enfin, il semblerait que les sardines ne se mettent pas en mouvement toutes en même temps. Seuls quelques individus initient le déplacement, qui se diffuse ensuite aux autres comme une hola dans un stade de football. C’est la troisième règle : imiter en permanence le comportement moyen de la dizaine d’individus les plus proches de soi. Si les sardines respectent les règles de ce club, alors leur survie devient optimale, même si elles restent le casse-croûte préféré des océans.

Résultat : des bancs de sardines parfaitement coordonnés grâce à la force de l'intelligence collective. Pas besoin de chef pour diriger les troupes. Personne ne commande. Si une sardine aperçoit un prédateur qui l'effraie, elle déguerpit en entraînant avec elle l'ensemble de ses copines en seulement quelques millisecondes. Loin de la considérer comme un simple complément pour une salade estivale, les spécialistes de la robotique et de l’intelligence artificielle admirent cette compétence et s’en inspirent pour concevoir des robots ou des véhicules autonomes toujours mieux organisés. Alors, pas si bête, la sardine !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur vos plateformes audio préférées. Ne manquez pas notre hors-série estival, La Nature sur Écoute, animé par Pierre et Élise Kerner, à paraître une semaine sur deux sur jusqu’au 10 août. Quant à nous, on se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

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