Ces pieuvres qui construisent des cités sous-marines

Bêtes de science

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Ces pieuvres qui construisent des cités sous-marines

Bêtes de science

Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Mais elle est aussi d'une intelligence qui soulèvent de véritables débats éthiques à son sujet.

Si l'on connaissait déjà ses talents de camouflage, de chasse, de résolution de problèmes ou d'infiltration, c'est sur des cités sous-marines qu'elle construit au large de l'Australie que nous nous attarderons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Pour aller plus loin :

Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux cités englouties que construisent les pieuvres.

Un corps mou dépourvu de squelette, trois cœurs, huit bras, neuf cerveaux, et le sang bleu. (musique de science-fiction démarre) Non, non, non ! Ce n’est pas un extraterrestre ! (nouvelle musique débute) Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Ce mollusque marin appartient à la famille des céphalopodes, et profitons-en pour rappeler que pieuvre, et poulpe, c’est pareil ! Le mot poulpe nous vient de l’ancien grec et signifie « plusieurs pieds »,  alors que le mot pieuvre a été emprunté aux pêcheurs de l'île de Guernesey par Victor Hugo en personne. C’est grâce à lui que ce terme, issu du vieux parler normand, s’est imposé dans notre vocabulaire quotidien. Cet animal a d’ailleurs nourri l’imaginaire de l’être humain au fil du temps, alimentant le mythe du kraken ou encore des pieuvres monstrueuses. 

Mais revenons-en aux curieuses caractéristiques de la pieuvre. En 2015, des chercheurs ont séquencé le génome de l'une des 700 espèces de céphalopodes qui existent dans le monde. Résultat : 33.000 gènes identifiés. C'est plus que ceux contenus dans l’ADN humain ! Et côté neurones, il semblerait que la pieuvre n'en compte pas moins de 500 millions. Le double de la souris et autant... qu'un chien ! Cette matière grise est répartie entre un cerveau central, en forme de donut, et huit plus petits cerveaux dans chacun de ses tentacules. Enfin, quand ils parlent de petits cerveaux, les chercheurs pensent plutôt à des cellules nerveuses qui contrôlent les mouvements. De quoi permettre à chaque bras de la pieuvre d'agir de manière autonome, tout en restant étroitement connecté. Et c’est sans compter ses capacités extraordinaires de camouflage, chasseuse hors pair, bref, la pieuvre étonne et fascine.

Malheureusement, la vie de cette créature étonnante n’est pas de tout repos. Son habitat est menacé par le réchauffement climatique, et, qui plus est, la pieuvre est pêchée en masse pour satisfaire les gourmands, au point où l’on s’inquiète aujourd’hui pour son avenir. Certains ont proposé de l’élever au lieu de la chasser à l’état sauvage, mais la question soulève un véritable débat. Car notre amie est intelligente, très intelligente. Qu’elle vive au large ou dans un aquarium, le pieuvre démontre des capacités de mémorisation, d'apprentissage, d'orientation et d'adaptation hors du commun pour un mollusque, sans compter son corps mou lui permettant de se faufiler dans des trous de la taille d’une pièce de 2€ 

Par exemple, elle est capable de dévisser le couvercle d'un bocal pour y récupérer le crabe qui s'y cache. En seulement 54 secondes, excusez du peu. Cette grande futée a même appris à éteindre les lumières en projetant des jets d'eau sur les ampoules. Une compétence qui aurait permis à Inky, une pieuvre néo-zélandaise, de s’échapper de l’aquarium où elle habitait. Son histoire n’est d’ailleurs pas la seule preuve de tentative d’évasion chez les céphalopodes.

Un autre signe d’intelligence de la pieuvre est sa capacité à utiliser des outils. Les chercheurs l’ont observé à plusieurs reprises, et notamment en 2009, en Indonésie. Là-bas, des poulpes ont été surpris en train de ramasser des coquilles de noix de coco. Après les avoir déterrées puis nettoyées, ils les ont transportées plus loin pour assembler un abri.

Toujours pas impressionnés ? Et si je vous disais que les pieuvres sont certes capables de construire des abris, mais aussi des cités entières ? Au large des côtes australiennes, les scientifiques ont en effet découvert deux structures qui ressemblent à des villes de pieuvres : Octopolis et Octlantis. Construits par des membres de l’espèce Octopus tetricus, ces repères d’une quinzaine d'habitants chacun sont érigés à partir de toutes sortes de coquillages, souvent les restes des proies dévorées par les poulpes gloutons. Et sur place, les créatures ont développé un système de communication et d’interaction sociale complexe, plus complexe que ce à quoi les chercheurs s’étaient attendus. Ils se saluent, protègent leur partenaire, discutent et chassent les intrus. Un véritable petit New York sous-marin ! Et la preuve que, comme beaucoup d’animaux, ces créatures méritent notre respect, même si ça veut dire ne pas manger de poulpe frit cet été. Alors, pas si bête, la pieuvre !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

Musique et bruitages :

Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

Let There Be Light, par Rafael Krux

Deep ocean 2, par Frank Schröter

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

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Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Mais elle est aussi d'une intelligence qui soulèvent de véritables débats éthiques à son sujet.

Si l'on connaissait déjà ses talents de camouflage, de chasse, de résolution de problèmes ou d'infiltration, c'est sur des cités sous-marines qu'elle construit au large de l'Australie que nous nous attarderons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux cités englouties que construisent les pieuvres.

Un corps mou dépourvu de squelette, trois cœurs, huit bras, neuf cerveaux, et le sang bleu. (musique de science-fiction démarre) Non, non, non ! Ce n’est pas un extraterrestre ! (nouvelle musique débute) Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Ce mollusque marin appartient à la famille des céphalopodes, et profitons-en pour rappeler que pieuvre, et poulpe, c’est pareil ! Le mot poulpe nous vient de l’ancien grec et signifie « plusieurs pieds »,  alors que le mot pieuvre a été emprunté aux pêcheurs de l'île de Guernesey par Victor Hugo en personne. C’est grâce à lui que ce terme, issu du vieux parler normand, s’est imposé dans notre vocabulaire quotidien. Cet animal a d’ailleurs nourri l’imaginaire de l’être humain au fil du temps, alimentant le mythe du kraken ou encore des pieuvres monstrueuses. 

Mais revenons-en aux curieuses caractéristiques de la pieuvre. En 2015, des chercheurs ont séquencé le génome de l'une des 700 espèces de céphalopodes qui existent dans le monde. Résultat : 33.000 gènes identifiés. C'est plus que ceux contenus dans l’ADN humain ! Et côté neurones, il semblerait que la pieuvre n'en compte pas moins de 500 millions. Le double de la souris et autant... qu'un chien ! Cette matière grise est répartie entre un cerveau central, en forme de donut, et huit plus petits cerveaux dans chacun de ses tentacules. Enfin, quand ils parlent de petits cerveaux, les chercheurs pensent plutôt à des cellules nerveuses qui contrôlent les mouvements. De quoi permettre à chaque bras de la pieuvre d'agir de manière autonome, tout en restant étroitement connecté. Et c’est sans compter ses capacités extraordinaires de camouflage, chasseuse hors pair, bref, la pieuvre étonne et fascine.

Malheureusement, la vie de cette créature étonnante n’est pas de tout repos. Son habitat est menacé par le réchauffement climatique, et, qui plus est, la pieuvre est pêchée en masse pour satisfaire les gourmands, au point où l’on s’inquiète aujourd’hui pour son avenir. Certains ont proposé de l’élever au lieu de la chasser à l’état sauvage, mais la question soulève un véritable débat. Car notre amie est intelligente, très intelligente. Qu’elle vive au large ou dans un aquarium, le pieuvre démontre des capacités de mémorisation, d'apprentissage, d'orientation et d'adaptation hors du commun pour un mollusque, sans compter son corps mou lui permettant de se faufiler dans des trous de la taille d’une pièce de 2€ 

Par exemple, elle est capable de dévisser le couvercle d'un bocal pour y récupérer le crabe qui s'y cache. En seulement 54 secondes, excusez du peu. Cette grande futée a même appris à éteindre les lumières en projetant des jets d'eau sur les ampoules. Une compétence qui aurait permis à Inky, une pieuvre néo-zélandaise, de s’échapper de l’aquarium où elle habitait. Son histoire n’est d’ailleurs pas la seule preuve de tentative d’évasion chez les céphalopodes.

Un autre signe d’intelligence de la pieuvre est sa capacité à utiliser des outils. Les chercheurs l’ont observé à plusieurs reprises, et notamment en 2009, en Indonésie. Là-bas, des poulpes ont été surpris en train de ramasser des coquilles de noix de coco. Après les avoir déterrées puis nettoyées, ils les ont transportées plus loin pour assembler un abri.

Toujours pas impressionnés ? Et si je vous disais que les pieuvres sont certes capables de construire des abris, mais aussi des cités entières ? Au large des côtes australiennes, les scientifiques ont en effet découvert deux structures qui ressemblent à des villes de pieuvres : Octopolis et Octlantis. Construits par des membres de l’espèce Octopus tetricus, ces repères d’une quinzaine d'habitants chacun sont érigés à partir de toutes sortes de coquillages, souvent les restes des proies dévorées par les poulpes gloutons. Et sur place, les créatures ont développé un système de communication et d’interaction sociale complexe, plus complexe que ce à quoi les chercheurs s’étaient attendus. Ils se saluent, protègent leur partenaire, discutent et chassent les intrus. Un véritable petit New York sous-marin ! Et la preuve que, comme beaucoup d’animaux, ces créatures méritent notre respect, même si ça veut dire ne pas manger de poulpe frit cet été. Alors, pas si bête, la pieuvre !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

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