Comment cette araignée arrive-t-elle à soulever des lézards ?

Bêtes de science

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Comment cette araignée arrive-t-elle à soulever des lézards ?

Bêtes de science

Aujourd'hui : pas de destination particulière, car nous allons à la rencontre d'une créature que l'on rencontre tout autour du globe. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler des Théridiidés, mais vous avez sûrement déjà eu vent de leur plus célèbre représentante : la veuve noire. Oui, les Théridiidés sont des araignées, et pas des moins habiles. Ces dernières pratiquent avec talent l'art de la chasse et de la dentelle, au point de se hisser au rang de véritables ingénieures spécialisées dans la soie.

Quelle invention leur vaut donc que nous leur consacrions ce nouvel épisode de Bêtes de Science ? Pour le savoir, il vous faudra l'écouter.

👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

Pour aller plus loin :

Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’astucieuse technique de chasse des araignées Théridiidés.

Huit pattes, une multitude d’yeux et un corps poilu...Avouez, rien qu’à les imaginer vous avez frissonné ! C’est vrai qu’en apparence, les araignées n’ont pas grand-chose pour plaire. Même si certains les trouvent plutôt mignonnes, la plupart des gens partagent pour elles un dégoût pouvant aller jusqu’à la peur. On a beau savoir que ce n’est pas la petite bête qui va manger la grande, l’arachnophobie reste dans le top 3 des phobies les plus répandues. Car au-delà de leur physique disgracieux, certaines araignées sont aussi réputées dangereuses, et l’idée d’être mordu par ces petites bêtes inquiète les êtres humains depuis la nuit des temps. Avec l’araignée, tous les fantasmes les plus cauchemardesques semblent être permis : entrer dans notre bouche quand on dort, nous mordre, agressive, venimeuse, capable de pondre sous notre peau… La liste est longue.

Et pourtant, peu d’araignées sont en réalité capables de nous mordre. Leurs crochets ne sont généralement pas disposés à percer notre peau, et d’ailleurs, ces créatures à huit pattes ont plutôt tendance à vouloir nous éviter qu’à nous sauter dessus. Quant à leur venin, il s’avère finalement assez rarement dangereux. Sur près de 50.000 espèces d’araignées connues dans le monde, une centaine seulement est susceptible de provoquer une réaction chez les humains. Et parmi celles-ci, seule une quinzaine seraient réellement dangereuses. Pas de quoi donc jeter votre chaussure au travers du salon lorsque vous en croisez une dans un recoin de vos murs. Pour autant, les araignées n’en restent pas moins de grandes prédatrices. Et si elles vous font frémir, sachez qu’elles incarnent de sacrées alliées pour vos intérieurs, capables de vous débarrasser des moustiques plus efficacement qu’un insecticide... Pour piéger leurs proies, elles conçoivent des outils de chasse redoutablement efficaces, des prodiges de technologie et d’architecture que l’on appelle tout simplement des toiles d’araignée. Et dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, vous allez voir que celles-ci ne se contentent pas de jouer le rôle de simple filet collant. 

Les Théridiidés forment une grande famille d’araignées comprenant plus de 3.000 espèces différentes. Sa plus célèbre représentante est la sulfureuse veuve noire, une gracieuse arachnide au corps sombre marqué d’une bande rouge vif, dont la morsure peut parfois être douloureuse, mais reste très rarement mortelle. Si vous vous sentez déjà blêmir en entendant parler de morsure envenimée, rassurez-vous : c’est après des victimes bien plus petites que ces araignées en ont ; et pour les attraper, elles ont développé un système astucieux. En effet, notre Théridiidé ne s’attend pas forcément à ce qu’une proie vole directement dans ses filets. Elle fait plutôt ses courses au rez-de-chaussée. Pour cela, elle tend de discrets fils de soie entre sa toile et le sol, qui lui servent de sonnette d’alarme, un peu comme les lasers rouges dans les films d’espions ! Lorsqu’une proie déclenche par inadvertance l’un de ces pièges invisibles, la vibration donne l'alerte et indique à l’araignée qu’il est temps de passer à l’action. Elle se met alors à produire de grandes quantités de soie, qu’elle étire longuement avec ses petites pattes, un peu comme de la guimauve. Pourquoi ? Pour la rendre élastique, figurez-vous, et vous allez vite comprendre pourquoi.

Après avoir attaché une extrémité de cette soie collante et flexible à sa toile, l’araignée descend le long de son câble vers sa proie en tenant l’autre extrémité entre ses pattes. Elle la colle alors au dos de sa victime, puis recommence l’opération plusieurs fois, en multipliant les câbles élastiques entre sa maison et son futur repas. Au bout d’un moment, la tension devient si forte que la fourmi, le cafard ou même le lézard décolle complètement du sol et se retrouve à la merci de notre acrobate qui lui injecte alors un venin paralysant. Et hop, livraison à domicile ! Oui, parce qu’on vous a parlé de victimes de petite taille, mais grâce à cette stratégie, ces arachnides sont tout de même capables de chasser des proies jusqu’à 50 fois plus lourdes qu’elles. Excusez du peu !

Pour réaliser tout ce travail, ces araignées font dans la dentelle et doivent apprendre à fabriquer et à tisser toutes sortes de toiles pour se loger, tendre des pièges ou encore des élastiques pour attraper leur proie. Un vrai exploit d’artisanat...raignée. Alors, pas si bêtes, les Théridiidés !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

Musique :

Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

Sings In The Fields, par Rafael Krux

Divertissement - Pizzicato, par Kevin MacLeod

Blockbuster Atmosphere 11 par Sascha Ende

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.

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Aujourd'hui : pas de destination particulière, car nous allons à la rencontre d'une créature que l'on rencontre tout autour du globe. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler des Théridiidés, mais vous avez sûrement déjà eu vent de leur plus célèbre représentante : la veuve noire. Oui, les Théridiidés sont des araignées, et pas des moins habiles. Ces dernières pratiquent avec talent l'art de la chasse et de la dentelle, au point de se hisser au rang de véritables ingénieures spécialisées dans la soie.

Quelle invention leur vaut donc que nous leur consacrions ce nouvel épisode de Bêtes de Science ? Pour le savoir, il vous faudra l'écouter.

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Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’astucieuse technique de chasse des araignées Théridiidés.

Huit pattes, une multitude d’yeux et un corps poilu...Avouez, rien qu’à les imaginer vous avez frissonné ! C’est vrai qu’en apparence, les araignées n’ont pas grand-chose pour plaire. Même si certains les trouvent plutôt mignonnes, la plupart des gens partagent pour elles un dégoût pouvant aller jusqu’à la peur. On a beau savoir que ce n’est pas la petite bête qui va manger la grande, l’arachnophobie reste dans le top 3 des phobies les plus répandues. Car au-delà de leur physique disgracieux, certaines araignées sont aussi réputées dangereuses, et l’idée d’être mordu par ces petites bêtes inquiète les êtres humains depuis la nuit des temps. Avec l’araignée, tous les fantasmes les plus cauchemardesques semblent être permis : entrer dans notre bouche quand on dort, nous mordre, agressive, venimeuse, capable de pondre sous notre peau… La liste est longue.

Et pourtant, peu d’araignées sont en réalité capables de nous mordre. Leurs crochets ne sont généralement pas disposés à percer notre peau, et d’ailleurs, ces créatures à huit pattes ont plutôt tendance à vouloir nous éviter qu’à nous sauter dessus. Quant à leur venin, il s’avère finalement assez rarement dangereux. Sur près de 50.000 espèces d’araignées connues dans le monde, une centaine seulement est susceptible de provoquer une réaction chez les humains. Et parmi celles-ci, seule une quinzaine seraient réellement dangereuses. Pas de quoi donc jeter votre chaussure au travers du salon lorsque vous en croisez une dans un recoin de vos murs. Pour autant, les araignées n’en restent pas moins de grandes prédatrices. Et si elles vous font frémir, sachez qu’elles incarnent de sacrées alliées pour vos intérieurs, capables de vous débarrasser des moustiques plus efficacement qu’un insecticide... Pour piéger leurs proies, elles conçoivent des outils de chasse redoutablement efficaces, des prodiges de technologie et d’architecture que l’on appelle tout simplement des toiles d’araignée. Et dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, vous allez voir que celles-ci ne se contentent pas de jouer le rôle de simple filet collant. 

Les Théridiidés forment une grande famille d’araignées comprenant plus de 3.000 espèces différentes. Sa plus célèbre représentante est la sulfureuse veuve noire, une gracieuse arachnide au corps sombre marqué d’une bande rouge vif, dont la morsure peut parfois être douloureuse, mais reste très rarement mortelle. Si vous vous sentez déjà blêmir en entendant parler de morsure envenimée, rassurez-vous : c’est après des victimes bien plus petites que ces araignées en ont ; et pour les attraper, elles ont développé un système astucieux. En effet, notre Théridiidé ne s’attend pas forcément à ce qu’une proie vole directement dans ses filets. Elle fait plutôt ses courses au rez-de-chaussée. Pour cela, elle tend de discrets fils de soie entre sa toile et le sol, qui lui servent de sonnette d’alarme, un peu comme les lasers rouges dans les films d’espions ! Lorsqu’une proie déclenche par inadvertance l’un de ces pièges invisibles, la vibration donne l'alerte et indique à l’araignée qu’il est temps de passer à l’action. Elle se met alors à produire de grandes quantités de soie, qu’elle étire longuement avec ses petites pattes, un peu comme de la guimauve. Pourquoi ? Pour la rendre élastique, figurez-vous, et vous allez vite comprendre pourquoi.

Après avoir attaché une extrémité de cette soie collante et flexible à sa toile, l’araignée descend le long de son câble vers sa proie en tenant l’autre extrémité entre ses pattes. Elle la colle alors au dos de sa victime, puis recommence l’opération plusieurs fois, en multipliant les câbles élastiques entre sa maison et son futur repas. Au bout d’un moment, la tension devient si forte que la fourmi, le cafard ou même le lézard décolle complètement du sol et se retrouve à la merci de notre acrobate qui lui injecte alors un venin paralysant. Et hop, livraison à domicile ! Oui, parce qu’on vous a parlé de victimes de petite taille, mais grâce à cette stratégie, ces arachnides sont tout de même capables de chasser des proies jusqu’à 50 fois plus lourdes qu’elles. Excusez du peu !

Pour réaliser tout ce travail, ces araignées font dans la dentelle et doivent apprendre à fabriquer et à tisser toutes sortes de toiles pour se loger, tendre des pièges ou encore des élastiques pour attraper leur proie. Un vrai exploit d’artisanat...raignée. Alors, pas si bêtes, les Théridiidés !

​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !

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