Le rat-taupe nu, cet étonnant polyglotte

Bêtes de science

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Le rat-taupe nu, cet étonnant polyglotte

Bêtes de science

Aujourd'hui : nous partons en Afrique pour un voyage sous la surface, à la rencontre du mal-aimé rat-taupe nu. Ce petit rongeur à la peau glabre compense son manque de charme par toute une série de super pouvoirs qui en font un favori des chercheurs. Mais si nous nous intéressons aujourd'hui à lui, c'est parce que les rats-taupes nus ne parlent pas tous le même dialecte, même lorsqu'ils vivent à proximité les uns des autres.

« Mais pourquoi donc s'embêter à parler des langues différentes ? », nous demanderez-vous. Pour le savoir, il vous faudra écouter ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

Pour aller plus loin :

Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.

Transcription du podcast :

Hey, ce podcast vous plaît ? Alors partagez vos idées ! Laissez-nous un commentaire sur vos plateformes d’écoute préférées avec le hashtag #FuturaPod, et dites-nous de quels animaux vous aimeriez nous écouter parler lors des prochains épisodes. On compte sur vous !

Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux étonnants pouvoirs du rat-taupe nu.

Il n’y a pas à dire, le rat-taupe nu est décidément un drôle d’animal :  une peau rose sans poils, de tout petits yeux et de grandes incisives. Bref, un physique que l’on pourrait facilement se laisser aller à qualifier de disgracieux, pour ne pas dire vraiment moche. D’ailleurs, on l’appelle aussi hétérocéphale, une façon polie de dire qu’il a une tête pas très régulière. Cette espèce de souris fripée vit sous la terre des régions arides d’Éthiopie et du Sud saharien, et même si son apparence en rebute certains, elle ne manque pas de fasciner les chercheurs. Car chez le rat-taupe nu, croyez-moi, l’habit ne fait pas le moine. Sous ses airs de hamster imberbe, il est une sorte de super héros de la nature. Sa peau cicatrise incroyablement vite, il est quasiment insensible aux brûlures, semble résistant au cancer, vit étonnamment longtemps et, plus impressionnant encore, il ne présente presque pas de signe de vieillissement tout au cours de sa vie. Avouez, ça ferait un super pitch pour un film hollywoodien : Captain Rat-taupe nu !

Mais bien que toutes ces super-capacités puissent alimenter notre curiosité pendant des heures, s’il est question de lui aujourd’hui, c’est parce que le rat-taupe nu est aussi un grand communicant. Il pépie. Il gazouille. Il grince. Son monde souterrain est loin d’être un monde silencieux. Mais il y a mieux encore. En enregistrant plus de 36.000 pépiements chez 166 individus hébergés en laboratoire pendant deux ans, puis en analysant leurs propriétés acoustiques grâce à un algorithme, les chercheurs ont découvert que ces petits rongeurs ont un langage très complexe. Chaque colonie a son dialecte ! Un peu comme si certains parlaient breton et d’autres en occitan, mais avec des couinements.

Comparaison des cris de deux colonies de rats-taupes nus, révélant notamment une différence de hauteur.

Vous entendez ? Cette particularité joue un rôle important dans la vie sociale du rat-taupe nu. Elle lui permet de créer des liens solides avec ses congénères et soude la colonie comme une grande famille.  On dit que le rat-taupe nu est une créature eusociale, c’est-à-dire qu’il vit en communauté très bien organisée, un peu comme chez les fourmis ou les abeilles. Et comme chez ces insectes aussi, sa société est matriarcale. C’est une reine qui dirige, mais c’est aussi elle qui joue le rôle de gardienne du langage. Elle est la seule femelle reproductrice du groupe, et lorsqu’elle meurt, le dialecte disparaît progressivement avec elle jusqu’à ce que sa remplaçante installe la nouvelle mode.

Le langage n’est donc pas inné pour ces rongeurs, c’est quelque chose que l’on apprend, et qui change régulièrement. Mais c’est aussi une façon de repérer les étrangers. Et chez les rats-taupes nus, ce n’est pas une bonne chose d’être vu comme un intrus, au point que les chercheurs n’hésitent pas à les qualifier de « xénophobes extrêmes ». Les colonies de rats-taupes nus peuvent se livrer à d’immenses batailles souterraines pour envahir leurs voisins et piller leurs ressources ! Et il se pourrait même que certains individus aient appris à imiter d’autres dialectes pour pouvoir s’infiltrer sans se faire repérer. Vous voyez, je vous avais bien dit que ce petit animal était digne des plus grands scénarios de films ! 

Quoi qu’il en soit, les hétérocéphales ont encore beaucoup à nous apprendre. En poursuivant leurs études, les scientifiques espèrent découvrir les secrets de leur étonnante culture linguistique, mais aussi comprendre un peu mieux comment le langage s’est développé chez l’être humain. Car ne l’oublions pas : aussi vilain soit-il, ce petit rongeur a commencé à discuter bien avant nous. Alors, pas si bête, le rat-taupe nu !

​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants.  À bientôt !

Musique :

Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

Big Eyes et They Are Here, par Rafael Krux

The Curtain Rises, par Kevin MacLeod

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

Bruitages : BBC, Felix Petermann, Max Delbrück Center for Molecular Medecine 

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Aujourd'hui : nous partons en Afrique pour un voyage sous la surface, à la rencontre du mal-aimé rat-taupe nu. Ce petit rongeur à la peau glabre compense son manque de charme par toute une série de super pouvoirs qui en font un favori des chercheurs. Mais si nous nous intéressons aujourd'hui à lui, c'est parce que les rats-taupes nus ne parlent pas tous le même dialecte, même lorsqu'ils vivent à proximité les uns des autres.

« Mais pourquoi donc s'embêter à parler des langues différentes ? », nous demanderez-vous. Pour le savoir, il vous faudra écouter ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Il n’y a pas à dire, le rat-taupe nu est décidément un drôle d’animal :  une peau rose sans poils, de tout petits yeux et de grandes incisives. Bref, un physique que l’on pourrait facilement se laisser aller à qualifier de disgracieux, pour ne pas dire vraiment moche. D’ailleurs, on l’appelle aussi hétérocéphale, une façon polie de dire qu’il a une tête pas très régulière. Cette espèce de souris fripée vit sous la terre des régions arides d’Éthiopie et du Sud saharien, et même si son apparence en rebute certains, elle ne manque pas de fasciner les chercheurs. Car chez le rat-taupe nu, croyez-moi, l’habit ne fait pas le moine. Sous ses airs de hamster imberbe, il est une sorte de super héros de la nature. Sa peau cicatrise incroyablement vite, il est quasiment insensible aux brûlures, semble résistant au cancer, vit étonnamment longtemps et, plus impressionnant encore, il ne présente presque pas de signe de vieillissement tout au cours de sa vie. Avouez, ça ferait un super pitch pour un film hollywoodien : Captain Rat-taupe nu !

Mais bien que toutes ces super-capacités puissent alimenter notre curiosité pendant des heures, s’il est question de lui aujourd’hui, c’est parce que le rat-taupe nu est aussi un grand communicant. Il pépie. Il gazouille. Il grince. Son monde souterrain est loin d’être un monde silencieux. Mais il y a mieux encore. En enregistrant plus de 36.000 pépiements chez 166 individus hébergés en laboratoire pendant deux ans, puis en analysant leurs propriétés acoustiques grâce à un algorithme, les chercheurs ont découvert que ces petits rongeurs ont un langage très complexe. Chaque colonie a son dialecte ! Un peu comme si certains parlaient breton et d’autres en occitan, mais avec des couinements.

Comparaison des cris de deux colonies de rats-taupes nus, révélant notamment une différence de hauteur.

Vous entendez ? Cette particularité joue un rôle important dans la vie sociale du rat-taupe nu. Elle lui permet de créer des liens solides avec ses congénères et soude la colonie comme une grande famille.  On dit que le rat-taupe nu est une créature eusociale, c’est-à-dire qu’il vit en communauté très bien organisée, un peu comme chez les fourmis ou les abeilles. Et comme chez ces insectes aussi, sa société est matriarcale. C’est une reine qui dirige, mais c’est aussi elle qui joue le rôle de gardienne du langage. Elle est la seule femelle reproductrice du groupe, et lorsqu’elle meurt, le dialecte disparaît progressivement avec elle jusqu’à ce que sa remplaçante installe la nouvelle mode.

Le langage n’est donc pas inné pour ces rongeurs, c’est quelque chose que l’on apprend, et qui change régulièrement. Mais c’est aussi une façon de repérer les étrangers. Et chez les rats-taupes nus, ce n’est pas une bonne chose d’être vu comme un intrus, au point que les chercheurs n’hésitent pas à les qualifier de « xénophobes extrêmes ». Les colonies de rats-taupes nus peuvent se livrer à d’immenses batailles souterraines pour envahir leurs voisins et piller leurs ressources ! Et il se pourrait même que certains individus aient appris à imiter d’autres dialectes pour pouvoir s’infiltrer sans se faire repérer. Vous voyez, je vous avais bien dit que ce petit animal était digne des plus grands scénarios de films ! 

Quoi qu’il en soit, les hétérocéphales ont encore beaucoup à nous apprendre. En poursuivant leurs études, les scientifiques espèrent découvrir les secrets de leur étonnante culture linguistique, mais aussi comprendre un peu mieux comment le langage s’est développé chez l’être humain. Car ne l’oublions pas : aussi vilain soit-il, ce petit rongeur a commencé à discuter bien avant nous. Alors, pas si bête, le rat-taupe nu !

​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants.  À bientôt !

Musique :

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Big Eyes et They Are Here, par Rafael Krux

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