Pourquoi le poisson-globe dessine-t-il des mandalas ?

Bêtes de science

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Pourquoi le poisson-globe dessine-t-il des mandalas ?

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Aujourd'hui, nous partons sous l'océan, à la rencontre du Torquigener albomaculosus. Ce nom ne vous dit rien ? Vous le connaissez peut-être mieux sous le nom de poisson-globe, ce drôle d'animal qui gonfle et se hérisse de petits piquants lorsqu'il est attaqué. Mais saviez-vous que l'une de ses grandes passions dans la vie, c'est la sculpture ? Le poisson-globe est en effet l'auteur de magnifiques œuvres sous-marines d'un symétrie étonnante, évoquant des mandalas formés de sable et de coquillage.

« Mais pourquoi donc une carrière artistique ? », nous demanderez-vous. Pour le savoir, il vous faudra plonger dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

Pour aller plus loin :

Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.

Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le nouveau podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à un poisson pas comme les autres.

Le Torquigener albomaculosus, c'est une sorte de tétrodon. Un drôle de nom, celui d’un poisson plutôt surprenant vivant au large du Japon. C’est un poisson-globe, vous savez ceux qui se gonflent comme des ballons pour échapper à leurs prédateurs. Il est du même groupe que le célèbre fugu que les Japonais aiment mettre dans leurs assiettes alors qu’il est susceptible de libérer un poison neurotoxique mortel : la tétrodotoxine.

Mais revenons-en à notre tétrodon. Un tétrodon poisson oui mais un tétrodon… artiste ! Car ce qui nous intéresse aujourd’hui ce sont les dessins qu’il trace au fond de l’eau. De véritables mandalas sous-marins réalisés en nageant sur le côté, et surtout en frétillant beaucoup. Pour accomplir ces chefs-d'œuvre, ce charmant petit poisson utilise des sables de couleurs et de textures différentes, sans oublier d’ajouter, de ci de là, quelques petits coquillages qu’il aura préalablement croqués pour les réduire en miettes. Parce que le détail ça compte !

Pour vous en faire une bonne idée, pensez donc aux crop circles, ces cercles de culture géants dessinés dans les champs de céréales. Même si certains les attribuent à des extraterrestres, il se trouve que ces formes géométriques sont en réalité souvent réalisées à des fins artistiques, et parfois même dans un but... publicitaire. Et la pub, c’est un peu aussi l’objectif de notre poisson-globe, le Torquigener albomaculosus. Mais rassurez-vous, l’histoire est plus romantique que ça !

Au lieu d’attirer des clients grâce à ses dessins, ce qu’espère le poisson-globe, c’est de séduire sa belle. Et pour ça il ne lésine pas sur les moyens: ses bas-reliefs sous-marins peuvent faire plus de deux mètres de diamètre. Vous imaginez, pour un petit poisson de moins de douze centimètres de long, ce n’est pas rien quand même ! C’est un peu l'œuvre de sa vie et d’ailleurs, il peut y consacrer jusqu’à neuf jours entiers. Mais quand on aime on ne compte pas : on se concentre sur son œuvre pour être certain de faire sensation !

Là, c'est le moment où vous vous demandez probablement comment les chercheurs savent tout ça. Simplement parce qu’ils ont pu voir des tétrodons à l’œuvre à l’occasion d’une mission d’observation. Vous imaginez être sous l’eau et contempler un spectacle comme ça ? Les plongeurs racontent qu’une fois la tâche accomplie, madame vient se promener au-dessus des crop circles de monsieur. Elle fait plusieurs fois le tour, inspecte les moindres détails, comme une vraie critique d’art ! Si l’œuvre est à son goût, elle accepte alors les avances de son courtisan. Mais, l’histoire ne s’arrête pas là. Car c’est aussi au centre de ces cercles de sable qu’elle viendra pondre ses œufs, laissant à l’artiste le soin de les féconder puis de veiller sur eux pendant quelques jours. À leur éclosion, les petits poissons pourront librement se nourrir des éclats de coquillages déposés là par leur attentionné papa. Une œuvre qui allie donc l’utile à l’agréable !

Si vous pensez que la femelle du poisson-globe n’est attirée que par les rouleurs de mécanique, détrompez-vous. Car même si les chercheurs ne savent toujours pas sur quels critères elle fonde exactement son choix, ils pensent qu’elle se concentre surtout sur le sable fin qui forme le centre des cercles et l’efficacité avec laquelle les sculptures seront capables de ralentir la circulation de l’eau autour de ses œufs. De quoi éviter qu’ils se dispersent avant d’avoir été fécondés, nichés au calme dans le creux du sable. Au final, le héros de cet épisode n’est donc pas seulement un artiste. C’est aussi un architecte et ingénieur, capable de protéger ses rejetons.

Il paraît même qu’il crée des vocations, puisqu’en août 2020, des chercheurs ont rapporté des mandalas sous-marins d’un nouveau genre au large de l’Australie. Alors, pas si bête, le tétrodon !

​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et tous nos épisodes sur Apple Podcast, Castbox, Spotify, Deezer et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne pas manquer un seul épisode, et à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode dédié aux comportement animaux les plus étonnants. À bientôt !

Musique :

Silly Intro et Freedom par Alexander Nakarada

Sugar Fairies par Rafael Krux

Dreamy Flashback par Kevin MacLeod

Lounge Waltz par MusicFiles

Licence: https://filmmusic.io/standard-license

Bruitages : BBC

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Aujourd'hui, nous partons sous l'océan, à la rencontre du Torquigener albomaculosus. Ce nom ne vous dit rien ? Vous le connaissez peut-être mieux sous le nom de poisson-globe, ce drôle d'animal qui gonfle et se hérisse de petits piquants lorsqu'il est attaqué. Mais saviez-vous que l'une de ses grandes passions dans la vie, c'est la sculpture ? Le poisson-globe est en effet l'auteur de magnifiques œuvres sous-marines d'un symétrie étonnante, évoquant des mandalas formés de sable et de coquillage.

« Mais pourquoi donc une carrière artistique ? », nous demanderez-vous. Pour le savoir, il vous faudra plonger dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

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Transcription du podcast :

Bienvenue dans Bêtes de Science, le nouveau podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à un poisson pas comme les autres.

Le Torquigener albomaculosus, c'est une sorte de tétrodon. Un drôle de nom, celui d’un poisson plutôt surprenant vivant au large du Japon. C’est un poisson-globe, vous savez ceux qui se gonflent comme des ballons pour échapper à leurs prédateurs. Il est du même groupe que le célèbre fugu que les Japonais aiment mettre dans leurs assiettes alors qu’il est susceptible de libérer un poison neurotoxique mortel : la tétrodotoxine.

Mais revenons-en à notre tétrodon. Un tétrodon poisson oui mais un tétrodon… artiste ! Car ce qui nous intéresse aujourd’hui ce sont les dessins qu’il trace au fond de l’eau. De véritables mandalas sous-marins réalisés en nageant sur le côté, et surtout en frétillant beaucoup. Pour accomplir ces chefs-d'œuvre, ce charmant petit poisson utilise des sables de couleurs et de textures différentes, sans oublier d’ajouter, de ci de là, quelques petits coquillages qu’il aura préalablement croqués pour les réduire en miettes. Parce que le détail ça compte !

Pour vous en faire une bonne idée, pensez donc aux crop circles, ces cercles de culture géants dessinés dans les champs de céréales. Même si certains les attribuent à des extraterrestres, il se trouve que ces formes géométriques sont en réalité souvent réalisées à des fins artistiques, et parfois même dans un but... publicitaire. Et la pub, c’est un peu aussi l’objectif de notre poisson-globe, le Torquigener albomaculosus. Mais rassurez-vous, l’histoire est plus romantique que ça !

Au lieu d’attirer des clients grâce à ses dessins, ce qu’espère le poisson-globe, c’est de séduire sa belle. Et pour ça il ne lésine pas sur les moyens: ses bas-reliefs sous-marins peuvent faire plus de deux mètres de diamètre. Vous imaginez, pour un petit poisson de moins de douze centimètres de long, ce n’est pas rien quand même ! C’est un peu l'œuvre de sa vie et d’ailleurs, il peut y consacrer jusqu’à neuf jours entiers. Mais quand on aime on ne compte pas : on se concentre sur son œuvre pour être certain de faire sensation !

Là, c'est le moment où vous vous demandez probablement comment les chercheurs savent tout ça. Simplement parce qu’ils ont pu voir des tétrodons à l’œuvre à l’occasion d’une mission d’observation. Vous imaginez être sous l’eau et contempler un spectacle comme ça ? Les plongeurs racontent qu’une fois la tâche accomplie, madame vient se promener au-dessus des crop circles de monsieur. Elle fait plusieurs fois le tour, inspecte les moindres détails, comme une vraie critique d’art ! Si l’œuvre est à son goût, elle accepte alors les avances de son courtisan. Mais, l’histoire ne s’arrête pas là. Car c’est aussi au centre de ces cercles de sable qu’elle viendra pondre ses œufs, laissant à l’artiste le soin de les féconder puis de veiller sur eux pendant quelques jours. À leur éclosion, les petits poissons pourront librement se nourrir des éclats de coquillages déposés là par leur attentionné papa. Une œuvre qui allie donc l’utile à l’agréable !

Si vous pensez que la femelle du poisson-globe n’est attirée que par les rouleurs de mécanique, détrompez-vous. Car même si les chercheurs ne savent toujours pas sur quels critères elle fonde exactement son choix, ils pensent qu’elle se concentre surtout sur le sable fin qui forme le centre des cercles et l’efficacité avec laquelle les sculptures seront capables de ralentir la circulation de l’eau autour de ses œufs. De quoi éviter qu’ils se dispersent avant d’avoir été fécondés, nichés au calme dans le creux du sable. Au final, le héros de cet épisode n’est donc pas seulement un artiste. C’est aussi un architecte et ingénieur, capable de protéger ses rejetons.

Il paraît même qu’il crée des vocations, puisqu’en août 2020, des chercheurs ont rapporté des mandalas sous-marins d’un nouveau genre au large de l’Australie. Alors, pas si bête, le tétrodon !

​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et tous nos épisodes sur Apple Podcast, Castbox, Spotify, Deezer et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne pas manquer un seul épisode, et à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode dédié aux comportement animaux les plus étonnants. À bientôt !

Musique :

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